Les méthodes fiables pour tester son système immunitaire

Tests antigéniques, tests d’anticorps, tests PCR : ces trois termes reviennent en boucle, mais leur signification réelle se perd souvent dans la cacophonie des débats. Faut-il privilégier la rapidité, la précision, ou l’accessibilité ? Et surtout, comment s’y retrouver quand le choix du bon test engage bien plus que quelques minutes de son temps ?

Le nombre de cas de COVID-19 grimpe, et avec lui le besoin de dépistage massif. Les vaccins ont apporté un souffle d’espoir, mais le dépistage reste incontournable pour endiguer la progression du SARS-CoV-2. À l’échelle collective, la logique est implacable : identifier les porteurs, casser les chaînes de transmission, protéger les soignants et les plus vulnérables, soulager la pression sur l’hôpital. Pourtant, face à la multiplication des tests disponibles, le tableau n’a rien d’évident. Les informations circulent, s’entrechoquent, et choisir la méthode la plus adaptée à sa situation devient un vrai défi.

Chacun de ces tests, antigénique, anticorps, PCR, répond à une logique précise. Impossible de les mettre dans le même panier : ils ne cherchent pas la même chose, n’apportent pas la même réponse, et n’interviennent pas au même moment. Il suffit de parcourir les actualités ou d’écouter les conseils des professionnels pour saisir à quel point la nuance s’impose. Savoir ce que l’on veut savoir, voilà la clé.

La fiabilité des tests COVID-19 actuellement autorisés n’est pas à remettre en question, à condition de respecter les protocoles, de disposer du matériel adéquat et d’avoir recours à des équipes formées. La véritable interrogation porte sur le choix de l’outil : quelle méthode utiliser pour obtenir l’information dont on a besoin au moment précis où elle a du sens ? C’est là que le détail compte. Passons en revue ces trois approches, pour comprendre ce qu’elles décryptent, où et comment elles sont pratiquées, et à quel contexte elles s’adaptent le mieux.

Commençons par le test PCR, la référence pour détecter une infection active à la COVID-19. Ce test traque le matériel génétique du virus SARS-CoV-2 dans des prélèvements réalisés au niveau du nez, de la gorge, ou parfois de la salive. Après le prélèvement, le test peut être analysé sur place en une à deux heures, ou expédié dans un laboratoire centralisé, ce qui prend parfois quelques jours. Grâce à sa précision, il n’exige généralement aucune confirmation supplémentaire. Toutefois, il nécessite un équipement spécialisé, comme les thermocycleurs, et une organisation adaptée, parfois même pour des tests à distance.

Les tests antigéniques, souvent appelés « tests rapides », s’inscrivent aussi dans la recherche d’une infection en cours. Leur efficacité maximale s’observe chez les personnes symptomatiques depuis quelques jours. Ils détectent des fragments de protéines virales. Après un prélèvement nasopharyngé, le résultat tombe en quelques minutes, parfois une heure, mais il peut aussi être adressé à un laboratoire. Il faut garder en tête que, pour un résultat positif, un test PCR est en général requis en seconde intention. Leur absence d’équipement lourd les rend adaptés à des contextes délocalisés, mais leur fiabilité, elle, dépend du moment du test et du profil du patient.

Quant aux tests d’anticorps, ou sérologiques,, ils s’intéressent à la mémoire du système immunitaire. Ici, il s’agit de savoir si la personne a déjà rencontré le virus. Un échantillon sanguin est nécessaire, et l’analyse se fait exclusivement en laboratoire. Ce test ne permet pas d’identifier une infection en cours, mais il éclaire sur une exposition passée, parfois chez des asymptomatiques. Il trouve sa place dans la surveillance épidémiologique, ou pour repérer les candidats au don de plasma convalescent.

Pour mieux visualiser les différences majeures entre ces trois tests, voici un tableau récapitulatif fondé sur la publication DC Health. Il détaille les cibles, les modalités, l’utilité et les limites de chaque approche.

SUJET TEST PCR TEST ANTIGÉNIQUE TEST D’ANTICORPS (SÉROLOGIE)
Que recherche le test ? Le test PCR détecte le matériel génétique du SARS-CoV-2, à partir d’un prélèvement nasal, de gorge ou d’autres voies respiratoires. Le test antigénique identifie des fragments de protéines spécifiques du virus SARS-CoV-2, grâce à un prélèvement similaire. Le test sérologique recherche la présence d’anticorps produits par le système immunitaire contre le SARS-CoV-2 dans le sang.
Que vous apprend le test ? Il détecte une infection en cours (active). Il signale également une infection en cours. Il révèle une infection ancienne, même si elle a été asymptomatique.
Comment le test est-il pratiqué ? Majoritairement par écouvillon nasal ou nasopharyngé, parfois salivaire. Le prélèvement est réalisé par un professionnel de santé, puis analysé sur place ou en laboratoire. De la même façon, via écouvillon nasal ou nasopharyngé, réalisé par un professionnel. Le résultat est souvent immédiat, mais peut aussi être envoyé à un laboratoire. Un prélèvement sanguin effectué par un professionnel, expédié en laboratoire pour analyse.
Quand est-ce utile ? Pour repérer toute infection active, même en l’absence de symptômes. Dans des zones à faible transmission, la PCR offre une détection fiable des cas. Elle distingue précisément les personnes infectées ou non. Chez les personnes symptomatiques, le test rapide permet d’isoler rapidement les cas contagieux. Il coûte moins cher que la PCR et s’avère pertinent dans les cinq à sept jours suivant l’apparition des symptômes. Pour déterminer qui a déjà contracté la maladie, symptômes ou non. Il aide à dater l’infection selon la présence d’IgM ou d’IgG et à identifier les donneurs potentiels de plasma convalescent. À grande échelle, il renseigne sur la proportion de la population déjà exposée.
Limitations Impossible de savoir si une infection a eu lieu par le passé. Le résultat reflète uniquement l’état au moment du prélèvement et ne préjuge pas de l’évolution. Un test négatif ne permet pas d’anticiper une éventuelle contamination ultérieure, ni de lever une quarantaine précocement. Parfois, le virus reste détectable par PCR alors que la personne n’est plus contagieuse. Enfin, le test dépend de la disponibilité des réactifs et des écouvillons adaptés. Davantage de faux négatifs chez les personnes asymptomatiques. Il ne renseigne pas sur les infections passées. Une confirmation par PCR est souvent nécessaire en cas de résultat négatif chez les symptomatiques. La sensibilité est inférieure à celle de la PCR, ce qui peut laisser passer certains cas. Réalisé trop tôt, il peut manquer une infection récente. Dans les zones peu touchées, les résultats faussement positifs sont plus fréquents. Les performances varient selon le test utilisé, avec des risques de réactions croisées avec d’autres coronavirus. Rien ne garantit que la présence d’anticorps protège durablement d’une nouvelle infection. Les gestes barrières restent à appliquer, même après un test d’anticorps positif.
Signification d’un résultat positif Un test PCR positif confirme une infection active. Un test antigénique positif confirme également une infection active. Un test d’anticorps positif atteste d’une infection passée et d’une réponse immunitaire. Cela ne dispense pas de respecter les précautions sanitaires, faute de certitude sur la protection conférée par les anticorps.
Signification d’un résultat négatif Un test PCR négatif suggère l’absence d’infection au moment du test, mais n’exclut pas un développement ultérieur de la maladie. Un test antigénique négatif indique l’absence de détection de protéines virales, mais ne suffit pas à exclure la COVID-19 chez une personne exposée ou symptomatique. Une quarantaine et une PCR de confirmation sont alors nécessaires. Un test d’anticorps négatif peut signifier que l’infection n’a jamais eu lieu, ou que le test a été réalisé trop tôt après l’exposition pour détecter une réponse immunitaire.

Quelques précisions s’imposent pour mieux comprendre les termes évoqués dans le tableau :

  • L’organisme produit d’abord des anticorps IgM (immunoglobuline M) dans la semaine ou les deux semaines suivant l’infection, puis les IgG qui apparaissent plus tard et persistent davantage. Certains tests détectent les deux, d’autres seulement les IgG.
  • La valeur prédictive positive indique la probabilité qu’un résultat positif reflète une véritable infection, et dépend du taux réel d’infection dans la population testée.
  • La sensibilité correspond à la capacité du test à repérer les personnes malades (les vrais positifs), tandis qu’une faible sensibilité expose à des faux négatifs.
  • La spécificité mesure la capacité à ne pas confondre les personnes non infectées (vrais négatifs), une faible spécificité entraînant des faux positifs.

Rappelons que la fiabilité d’un test dépend aussi de nombreux facteurs :

  • Le prélèvement peut rater le virus si celui-ci n’est pas présent dans le nez ou la gorge au moment du test.
  • L’échantillon peut être contaminé lors de la manipulation ou de l’analyse.
  • Le stockage inadéquat, notamment la température, peut fausser les résultats.
  • Les réactifs chimiques employés lors de l’analyse peuvent aussi ne pas fonctionner comme prévu.

Test de dépistage de la COVID-19 à différents stades d’infection

À chaque méthode ses atouts, ses angles morts, et sa place dans la lutte contre le coronavirus. Quand le temps presse, quand il s’agit d’éviter que le virus ne se propage sous le radar, chaque jour compte. Les tests à haute sensibilité, comme la PCR, permettent une détection précoce, ce qui explique leur usage massif au Canada et aux États-Unis. Le Dr Christina Woevoda, pathologiste et vice-présidente du comité de microbiologie du College of American Pathologists, a une certitude : la PCR reste l’option la plus précise pour établir un diagnostic. Aujourd’hui, des kits RT-PCR portables permettent d’amener ce niveau de fiabilité jusque sur les lieux de travail, au cœur des collectivités ou dans des centres temporaires, même les plus éloignés. Voilà la promesse : garantir des tests sûrs et rigoureux pour préserver la santé de tous, et permettre à la société de garder la tête haute face à la pandémie.

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