Tu l’adores, tu l’adores, c’est ton globe oculaire et pourtant, en ce moment… cela vous pousse à vos limites ! Vous essayez de comprendre, de lui expliquer, de limiter les situations qui pourraient dégénérer, mais vous vivez toujours des moments compliqués. Donc non seulement cela vous dérange et vous inquiète (personne n’aime voir que son enfant est mauvais), mais vous ne savez pas non plus comment réagir pour passer à travers ce moment .
Je pense que c’est le bon moment pour vous parler de la crise des enfants de 4 ans …
La fameuse période des deux ans, surnommée parfois « terrible two » ou « l’âge du non », appartient déjà au passé. On imagine alors que la route s’annonce paisible jusqu’à l’adolescence. Pourtant, voilà que, soudain, votre enfant de 4 ans joue les pré-ados. C’est inattendu, mais c’est bien réel : à 4 ans, tout se complique à nouveau.
Y a-t-il vraiment une « crise de 4 ans » chez les enfants et comment y faire face à la maison ?
Votre enfant est souvent charmant, tendre, prévenant, et vous fait rayonner de fierté. Mais, depuis quelque temps, une nouvelle facette émerge. Un côté plus tranché, plus exigeant, s’installe dans le quotidien. Impossible d’ignorer les demandes répétées, les négociations à rallonge, les règles bousculées, les refus catégoriques, et, clou du spectacle, des situations franchement explosives.
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La bonne prise en main du stylo
Parce que démarrer l’école du bon pied s’apprend dès la maternelle, voici ce que vous trouverez dans ce guide :
- Des repères solides pour que votre enfant réussisse ses débuts à l’école
- Des conseils adaptés dès la petite section
- Des habitudes précieuses qui l’accompagneront longtemps
Et puis, malgré tout, l’amour que vous lui portez ne faiblit pas. Mais parfois, le désarroi prend le dessus. Si vous croisez un parent d’ado, il vous dira que la maison oscille entre jours de tempête et éclaircies, et que rien n’est jamais totalement acquis.
Mais votre petit n’a que 4 ans ! Il n’est pas encore adolescent ! On ne peut pas invoquer de bouleversements hormonaux pour justifier ce grand écart. Cette « petite crise des jeunes » (parfois surnommée « Fucking Fours »), même si elle est rarement détaillée dans les manuels de psychologie, fait partie du parcours de nombreux enfants, selon de nombreux parents. C’est une période où s’expriment colère, opposition, bouderies, refus des règles et parfois des mots qui piquent, lancés à l’adulte.
Comparée à celle des 2 ans, la crise de 4 ans se distingue surtout par le langage. À 2 ans, la tempête s’exprime par des gestes, des refus physiques. À 4 ans, place au raisonnement, à la négociation, et à la frustration si la réponse ne convient pas. Le dialogue devient plus affûté et la résistance, plus verbale.
Votre enfant cherche à s’affirmer et à gagner en autonomie. Il veut comprendre, argumenter, et s’oppose de façon plus construite. Il affirme sa personnalité, oscille entre la recherche d’attention et le besoin de tout faire « comme un grand ».
L’explication est simple : il a besoin de comprendre le pourquoi des règles. Nicole Malenfant, enseignante à la Faculté d’éducation de Montréal, explique : « Sa logique progresse, il repère les contradictions et les injustices. Par exemple, il peut demander pourquoi il doit mettre un chapeau au soleil si vous n’en portez pas vous-même. »
À l’école, ces tempêtes sont moins visibles ou prennent une autre forme. À cet âge, l’enfant parle plus, tisse des liens plus stables avec certains camarades, alors qu’avant, les amitiés étaient plus volatiles.
Dès 4 ans, la parole se libère davantage. L’enfant connaît les règles de l’école, se repère dans les locaux, sait à qui s’adresser. Cette aisance nouvelle nourrit sa confiance en lui, il ose s’exprimer, interagir avec adultes et enfants.
En classe, l’ambiance est vivante : l’enfant prend sa place, multiplie les échanges. Mais c’est aussi le moment où le cadre doit rester clair et constant, pour éviter sentiments d’injustice ou d’abandon. Les règles, immuables et partagées, rassurent et structurent.
Mais alors, comment naviguer dans ces turbulences à la maison ? Comment aider son enfant et rester serein ?
Comment faire face à la crise à la maison ?
Voici 6 pistes concrètes pour accompagner votre enfant et l’aider à grandir à travers cette période particulière.
Piste #1, Gardez votre cap !
Les règles sont là, vous les avez fixées, elles existent pour une raison. Il a besoin de repères clairs et constants. Tout comme à l’école, un cadre stable lui permet de se sentir sécurisé et de s’épanouir.
Les « oui » et les « non » qui changent d’un jour à l’autre brouillent les pistes. Si une chose est autorisée aujourd’hui, elle ne doit pas être interdite demain sans raison. La cohérence et la stabilité des règles sont nécessaires pour fixer des limites. Un relâchement, et votre enfant s’y engouffre. Il teste, c’est son rôle, mais il a besoin que les bornes restent fixes.
La fermeté n’empêche pas l’affection. En posant un cadre solide, vous prouvez à votre enfant qu’il compte pour vous. Il se sent protégé, et non rejeté.
Piste #2, Ne tombez pas dans le piège de la négociation permanente
À 4 ans, le langage devient son arme favorite. Il sait argumenter, insister, et parfois vous faire flancher. Difficile de résister… mais attention à l’engrenage : plus vous cédez à la négociation, plus il en redemandera.
Bien sûr, dialoguer, c’est important. Mais attention à ne pas tout transformer en marchandage. Sinon, chaque règle devient matière à débat, et l’épuisement n’est jamais loin. Il y a des sujets ouverts à la discussion, et d’autres qui ne le sont pas : l’heure du coucher, par exemple, ou la quantité de desserts. Expliquez calmement pourquoi ce n’est pas possible, et tenez bon.
Piste #3, Valorisez ses efforts, cultivez l’estime de soi
Votre enfant grandit, il peut se montrer difficile, mais il a aussi besoin de sentir que vous remarquez ses progrès. Quand il fait un effort, se calme après une colère, ou respecte une règle, dites-le-lui. Ce regard positif nourrit sa confiance et l’aide à avancer.
Il doit savoir que vous voyez aussi le bon, pas seulement le négatif. C’est dans ces moments-là qu’il construit son estime de soi. Il a besoin de savoir que vous le soutenez, y compris dans les passages délicats.
Piste #4, Donnez-lui des occasions d’agir par lui-même
À cet âge, il ne veut plus être vu comme un tout-petit. Accordez-lui des responsabilités adaptées à ses capacités : mettre la table, ranger ses jouets, choisir ses vêtements. Même si cela prend un peu plus de temps, il est fier d’agir seul, et vous renforcez sa confiance.
Quand il réussit une petite mission, félicitez-le. C’est ainsi qu’il prend conscience de sa place dans la famille et développe son autonomie. Ces petits pas le poussent à grandir, tout en partageant de bons moments avec vous.
Piste #5, Offrez-lui des choix quand c’est possible
Votre enfant a parfois du mal à accepter les règles, mais il peut tout de même participer à certaines décisions. Pas question de négocier sur tout, mais proposer un choix entre deux options peut désamorcer bien des tensions.
Par exemple, se laver le soir est non négociable, mais il peut choisir entre un bain ou une douche. Pour les chaussettes, il peut opter pour les bleues ou les rouges. Et pour le dîner, haricots verts ou salade ? En lui laissant un espace de décision, vous l’impliquer dans le quotidien. Il apprend à faire des choix tout en respectant le cadre.
Piste #6, Jouez collectif : dialogue, écoute, partage
La démocratie a sa place à la maison. Discuter, échanger, expliquer ses décisions ou ses refus, tout cela aide votre enfant à comprendre qu’il fait partie d’une équipe. Quand il se rebelle, c’est souvent pour tester sa place. Mais il a besoin de sentir qu’il compte, même quand il n’a pas le dernier mot.
Certains choix peuvent se discuter ensemble (« on va au parc ou au lac ? »), d’autres non (« l’heure du coucher » n’est pas en débat). Ce dialogue renforce son sentiment d’appartenance et montre que vous l’écoutez.
Reprenez par exemple la question du chapeau au soleil : soyez honnête dans vos réponses. Expliquez que votre peau est différente, mais qu’il n’a pas tort, et que parfois, vous aussi devez faire attention. L’honnêteté et la cohérence rassurent et posent des repères.
Montrez-lui chaque jour que vous n’êtes pas là pour jouer le rôle du « méchant », mais pour l’accompagner. Expliquez-lui les règles, prenez le temps d’échanger et de l’écouter. C’est ainsi qu’il trouvera sa place et comprendra votre posture.
Pour finir…
Ce passage n’a rien d’aisé, ni pour les parents ni pour les enfants. Beaucoup d’adultes se sentent démunis devant cette petite personne déjà si affirmée. Mais chaque étape contribue à forger sa personnalité.
Prenez soin de votre enfant, mais aussi de vous-même. Quand la tension monte, respirez, accordez-vous un temps pour relativiser. Votre rôle consiste à offrir un espace pour grandir, apprendre à se contrôler, et cela passe aussi par votre propre capacité à prendre du recul. Vous restez un modèle, une référence.
Gardez à l’esprit que, comme toute période difficile, celle-ci finira par s’estomper. Être parent, c’est aussi apprendre chaque jour. Pas besoin d’être parfait : un parent qui doute, qui cherche, qui s’ajuste, c’est déjà formidable.
Et si la crise de 4 ans se manifeste surtout à la maison, ce n’est pas un hasard. Avec vous, il se sent suffisamment en confiance pour exprimer ses tempêtes. Il cherche votre repère, votre soutien et votre regard pour grandir. Oui, il gagne en autonomie, mais il reste votre enfant, et vous resterez toujours là pour lui, dans les moments doux comme dans les passages plus chahutés.
Ce cap difficile passera, votre présence et votre accompagnement feront la différence. L’enfant a besoin d’être rassuré, guidé, encadré, et, une fois la tempête passée, le calme reviendra, plus solide qu’avant.
Un livre à découvrir sur le sujet, riche en conseils et en idées : Petit décodeur illustré de l’enfant en crise.
Vous avez vécu cette période, ou vous la vivez en ce moment ? N’hésitez pas à laisser un commentaire ou à m’envoyer un message, je lis tout !




