Le projet de décret NOR TRSD2609875D fixe l’entrée en vigueur d’un Référentiel National Qualité actualisé au 1er novembre 2026. Pour les organismes de formation, cette date marque un changement concret dans la manière de préparer et de passer les audits liés à la certification Qualiopi. Les exigences pédagogiques se durcissent, les modalités d’audit évoluent, et le calendrier de déploiement ne laisse que quelques mois de marge.
Calendrier du nouveau référentiel Qualiopi au 1er novembre 2026
La révision du Référentiel National Qualité ne s’appliquera pas d’un bloc. Le projet de décret prévoit un déploiement progressif en trois temps.
Dès le 1er novembre 2026, tous les audits initiaux et les audits d’extension de périmètre se dérouleront selon le nouveau référentiel. Les audits de surveillance basculeront début 2027. Les audits de renouvellement suivront à l’été 2027.
Cette progressivité a une conséquence directe : un organisme qui prévoit un audit initial fin 2026 doit se préparer sur la base du référentiel révisé. Un organisme en surveillance peut encore passer son audit sous l’ancien référentiel, mais devra intégrer les nouvelles exigences quelques mois plus tard. Obtenir une certification QUALIOPI dans ce contexte suppose de connaître précisément la nature de son prochain audit pour calibrer sa préparation.
Les organismes qui repoussent leur mise en conformité en attendant la publication définitive du décret prennent un risque. Le texte est en phase finale de consultation et les grandes lignes sont connues depuis plusieurs mois.

Exigences pédagogiques renforcées dans les audits Qualiopi 2026
Le référentiel révisé ne se limite pas à des ajustements de forme. Les pratiques d’audit changent en profondeur, avec un recentrage sur la réalité pédagogique des formations dispensées.
Trois évolutions concrètes ressortent du projet de décret :
- Les certificateurs devront conduire davantage d’entretiens avec les formateurs eux-mêmes, et non plus seulement avec les responsables qualité ou les dirigeants. L’objectif est de vérifier que les pratiques déclarées correspondent à ce qui se passe en salle ou en distanciel.
- Le recueil des retours apprenants devra être continu, pas limité à un questionnaire de satisfaction en fin de session. Les organismes devront prouver qu’ils collectent et exploitent ces retours tout au long du parcours.
- L’observation directe de sessions de formation par les auditeurs pourra être mise en place. Cette modalité, qui existait de manière marginale, devient un levier d’évaluation à part entière.
Pour un organisme de formation, cette orientation impose de repenser la traçabilité. Documenter ne suffit plus, il faut prouver la cohérence entre le déclaratif et la pratique réelle. Un formateur vacataire qui ne connaît pas les engagements qualité de l’organisme devient un point de vulnérabilité lors de l’audit.
Indicateur apprentissage et logique de preuve du RNQ révisé
Parmi les ajouts au référentiel, au moins un nouvel indicateur spécifique à l’apprentissage sera intégré. Les organismes qui dispensent des formations par la voie de l’apprentissage (CFA, UFA, organismes mixtes) sont directement concernés.
Ce nouvel indicateur s’inscrit dans un mouvement plus large de spécialisation du référentiel. Le RNQ initial traitait l’apprentissage comme une modalité parmi d’autres. Le référentiel révisé reconnaît ses spécificités (alternance, suivi en entreprise, obligations contractuelles avec l’employeur) et exige des preuves adaptées.
La logique de preuve globale du référentiel est également renforcée. Les auditeurs disposeront de grilles plus précises, et la durée des audits pourra être ajustée. Un organisme qui se présentait avec un dossier de preuves standardisé, identique quel que soit son activité, devra adapter ses éléments de preuve à chaque indicateur concerné.
Préparer son dossier de preuves avant novembre 2026
La préparation documentaire reste le socle de la démarche qualité, mais elle doit évoluer. Un organisme qui compile des modèles de documents téléchargés en ligne sans les personnaliser s’expose à des non-conformités.
Chaque preuve doit refléter une pratique réelle et datée. Les conventions de formation, les comptes-rendus de suivi, les évaluations de compétences doivent former un ensemble cohérent. L’auditeur cherchera des traces d’amélioration continue, pas simplement l’existence d’un document.

Extension de l’obligation Qualiopi aux organismes sans financement public
Au-delà du nouveau référentiel, une autre évolution impacte le périmètre même de la certification. Qualiopi devient obligatoire pour les organismes qui préparent à une certification professionnelle, même s’ils ne recourent à aucun financement public ou mutualisé.
Cette extension concerne notamment les organismes qui préparent à des titres inscrits au RNCP ou au Répertoire spécifique sans passer par le CPF ni les OPCO. Jusqu’à présent, ces structures pouvaient exercer sans certification qualité. Ce ne sera plus le cas.
Pour ces organismes, la démarche de certification représente un chantier complet : mise en place d’un système qualité, structuration des processus pédagogiques, préparation à un audit initial sous le nouveau référentiel. Le délai est serré pour ceux qui n’ont jamais engagé cette démarche.
FAFCEA et nouveaux financeurs exigeant Qualiopi dès juillet 2026
Le FAFCEA (fonds d’assurance formation des artisans) exige la certification Qualiopi à compter du 1er juillet 2026 pour tout organisme souhaitant dispenser des formations financées par ce fonds. Cette date précède de quatre mois l’entrée en vigueur du nouveau référentiel.
Les organismes qui travaillent avec le secteur artisanal doivent donc obtenir leur certification sous l’ancien référentiel avant cette échéance, puis se préparer à basculer vers le nouveau lors de leur prochain audit de surveillance.
Cette superposition de calendriers (juillet 2026 pour le FAFCEA, novembre 2026 pour le nouveau RNQ, début 2027 pour les surveillances) crée une fenêtre de préparation exigeante. Les organismes qui cumulent plusieurs sources de financement ont intérêt à cartographier précisément les échéances qui les concernent, indicateur par indicateur, plutôt que de viser une mise en conformité globale de dernière minute.
La certification qualité des organismes de formation en 2026 n’est plus un simple renouvellement administratif. Le référentiel révisé, les nouvelles modalités d’audit et l’élargissement du périmètre d’obligation transforment la préparation en un travail de fond qui mobilise formateurs, responsables qualité et direction sur plusieurs mois.

